Ces derniers jours, le nombre de politiques défendant la loi sur l’autonomie des universités (LRU) a dépassé mes pires cauchemars,

Selon Valérie Pécresse, la LRU serait “révolutionnaire”. Avec elle, tout aurait changé. Les universités pourraient recruter les “meilleurs enseignants” et “les chercheurs les plus excellents dans leur domaine”. Elles seraient désormais autonomes dans leurs choix stratégiques (en matière de ressources humaines ou d’immobilier), dans leurs choix pédagogiques, et l’indépendance académique serait ainsi préservée. Accompagnée de moyens et du Grand Emprunt, la politique de Valérie Pécresse aurait permis de “rompre avec l’idéologie de 68″ et aurais permis selon le Président de la République de créer des universités prêtes à faire face aux enjeux du XXIeme siècle.

Le plus grave, c’est que ce discours semble passer dans certains cercles de la gauche. Plusieurs présidents d’université marqués à gauche défendent bec et ongle la réforme de la Ministre. Certains vont même jusqu’à souffler que ces mêmes personnalités pourraient être pressentis pour être Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche sous un futur gouvernement de gauche en cas d’alternance. Il n’est pas rare de lire telle ou telle personnalité politique de gauche concéder à N. Sarkozy ou V. Pécresse que cette réforme est la seule chose positive réalisée par le gouvernement actuel…

Le chemin reste long pour faire comprendre à nos dirigeants que la politique actuelle est un échec. C’est une grave erreur, d’autant plus venant de la gauche, de mettre en avant la politique menée actuellement dans le secteur. C’est se méprendre sur la réalité de la communauté académique et scientifique. Excédée par l’autoritarisme d’État qui s’exerce sur eux, par le rythme effréné des appels d’offres pour bénéficier de financements, par l’empilement de structures complexifiant chaque jour le paysage universitaire et de recherche, elle ne peut que se résigner de telles positions.

Je ne peux que leur conseiller de lire les nombreuses analyses de la LRU, du Grand Emprunt, de la réalité budgétaire dans le secteur qui remettent en cause la politique de communication du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Ainsi Oliver Beaud, constitutionnaliste qu’on ne peut accuser d’être un affreux “gauchiste” explique par exemple dans son dernier ouvrage  “Les Libertés universitaires à l’abandon ? Pour une reconnaissance pleine et entière de la liberté académique” en quoi la LRU organise le déclin des libertés universitaires, la perte de la collégialité au profit du renforcement des pouvoirs du Président d’université au détriment de contre-pouvoirs, la mise sous tutelle de la recherche publique, etc.

De même Terra Nova, qu’on ne peut non plus taxer d’extrémisme, explique dans deux notes début 2011, en dépit de l’annonce permanentes de l’arrivée de Milliards d’euros invisibles, en quoi le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche est au mieux en stagnation.

L’enseignement supérieur, la recherche et plus largement l’éducation ne devrait pas être abandonné par la gauche. J’espère qu’un sursaut est encore possible. Pour ma part, je ferais mon possible pour que les valeurs que je porte et qui fonde mon engagement et le travail que j’ai pu mené depuis quelques années, comme d’autres sur ce sujet, ne soit pas vains

Après un débat agité qui s’est terminé dans la nuit, le projet de loi sur l’audiovisuel public devrait être adopté ce mercredi après midi .
Une initiative menée par le Collectif Libre Ecran sera bientôt organisée pour montrer notre mécontentement.

Mathieu Delahousse et Anne Jouan

04/03/2008 | Mise à jour : 08:22 |

 

Yves Bertrand, directeur central des Renseignements généraux entre 1992 et 2004, est convoqué à titre de témoin le 13 mars par le juge Roger Le Loire. Il devra s'expliquer sur un passage de son livre «Je ne sais rien mais je dirai presque tout».
Yves
Bertrand, directeur central des Renseignements généraux entre 1992
et 2004, est convoqué à titre de témoin le 13 mars par le juge Roger Le
Loire. Il devra s’expliquer sur un passage de son livre «Je ne sais
rien mais je dirai presque tout».

Crédits photo : GLOBEPIX

 

Le GUD aurait reçu des enveloppes d’argent liquide pour payer des colleurs d’affiches durant la campagne présidentielle de 1974.

 

Les
fonds secrets de l’UIMM ont-ils transité par l’extrême droite étudiante
française ? Et la campagne électorale de 1974 de Valéry Giscard
d’Estaing en a-t-elle indirectement tiré profit ? Ces questions sont
désormais posées dans le cadre de l’enquête sur les caisses noires de
l’UIMM. Les vitrines successives de l’extrême droite étudiante
Occident, Ordre nouveau puis GUD (Groupe Union Droit puis Groupe Union
Défense) pourraient donc être une première clé dans l’instruction
conduite depuis le 4 décembre par le juge Roger Le Loire qui, sur le
même sujet, a convoqué à titre de témoin Yves Bertrand, directeur
central des Renseignements généraux entre 1992 et 2004.

Dans
l’enquête, cette hypothèse trouve ses origines dans l’audition du
délégué général adjoint de l’UIMM, Dominique de Calan, le 13 février
dernier. Ce jour-là, juste avant d’être mis en examen à son tour, il
évoque devant les enquêteurs de la brigade financière des «organismes
universitaires» qui auraient bénéficié des fonds en liquide distribués
par l’union patronale. Aucun détail supplémentaire n’est alors fourni.

Mais
cette théorie est nourrie par le livre de Yves Bertrand, Je ne sais
rien mais je dirai presque tout, sorti en septembre 2007. À la
page 153, cet ancien grand policier va plus loin. Selon lui, «seuls
quelques naïfs croient encore que Giscard a pu mener campagne, en 1947,
avec les maigres moyens des Républicains indépendants : sa logistique,
son service d’ordre, ce sont les “petits gars” d’Ordre nouveau qui les
ont assurés, grâce aux enveloppes en liquide de l’Union des industries
métallurgiques et minières, la fameuse UIMM, dont la gauche ne s’est
jamais privée de rappeler qu’elle descendait de l’ancien Comité des
forges, le bastion des 200 familles». C’est pour en savoir plus que le
juge souhaite entendre Yves Bertrand. Il est convoqué comme témoin le
13 mars.

Membre d’Occident jusqu’en 1968 puis membre de l’équipe
de campagne de VGE, l’ancien ministre Alain Madelin livre des
précisions. Joint par Le Figaro , il affirme : «La thèse d’Yves
Bertrand est un raccourci un peu intrépide. Que l’UIMM soutienne
Giscard via le CNPF (Centre national du patronat français, l’ancêtre du
Medef), pourquoi pas ? Mais qu’ils aient payé directement le GUD, c’est
absurde.»


Un système généralisé

Selon lui,
le financement des meetings de VGE en 1974 était géré par Hubert
Bassot, aujourd’hui décédé. Cet ancien député, fervent partisan de
l’Algérie française, avait notamment participé à la revue L’Esprit
public , proche de l’OAS. C’est lui qui servait d’intermédiaire discret
entre les mouvements étudiants d’extrême droite et le patronat.
Tellement discret que Valéry Giscard d’Estaing affirme n’avoir jamais
eu connaissance de telles ramifications. « Qu’un mouvement d’extrême
droite puisse coller mes affiches de campagne relève de
l’invraisemblable» , nous confiait lundi l’ancien président de la
République.

Ce système de financement par le patronat était
généralisé, accuse pour sa part Yves Bertrand, interrogé lundi soir par
Le Figaro : «Ce que j’ai écrit pour VGE est valable pour toute la
classe politique. Le patronat saupoudrait tous ceux qui pouvaient avoir
une responsabilité locale ou nationale.» L’ancien policier, cependant,
avoue ne pas connaître les circuits de financement via les «organismes
universitaires».

Juridiquement, la piste d’un financement
étudiant ou politique présente un risque important pour les dirigeants
de l’instance patronale qui, jusque-là, ont toujours affirmé que les
fonds étaient distribués dans le cadre de pratiques institutionnalisées
au sein de l’UIMM. Traduction : elles ne seraient juridiquement pas un
«abus de confiance» puisqu’elles ne sortiraient pas du mandat donné au
délégué général par son bureau. Mettant en avant la loi Waldeck
Rousseau de 1884 sur le statut des syndicats, Denis Gautier-Sauvagnac a
jusque-là répété que les fonds étaient destinés «aux représentants des
organismes participant à la vie sociale de notre pays».

Confronté
pour l’instant à cette unique phrase d’explication, le juge
d’instruction Roger Le Loire cherche actuellement à savoir quelles
directions ont pu prendre les 18,9 millions d’euros sortis des caisses
entre 2000 et 2007. La brigade financière doit procéder d’ici à la fin
du mois à plusieurs vérifications.

Les fortes rivalités internes
au patronat qui sont apparues depuis trois jours sont-elles de nature à
relancer l’enquête ? Jusque-là, pas un seul nom de bénéficiaire n’a été
prononcé depuis que l’affaire a été révélée le 26 septembre par Le
Figaro .

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