La gauche doit faire de l’enseignement supérieur et de la recherche une de ses grandes priorités !
10 mai 2011
Ces derniers jours, le nombre de politiques défendant la loi sur l’autonomie des universités (LRU) a dépassé mes pires cauchemars,
Selon Valérie Pécresse, la LRU serait “révolutionnaire”. Avec elle, tout aurait changé. Les universités pourraient recruter les “meilleurs enseignants” et “les chercheurs les plus excellents dans leur domaine”. Elles seraient désormais autonomes dans leurs choix stratégiques (en matière de ressources humaines ou d’immobilier), dans leurs choix pédagogiques, et l’indépendance académique serait ainsi préservée. Accompagnée de moyens et du Grand Emprunt, la politique de Valérie Pécresse aurait permis de “rompre avec l’idéologie de 68″ et aurais permis selon le Président de la République de créer des universités prêtes à faire face aux enjeux du XXIeme siècle.
Le plus grave, c’est que ce discours semble passer dans certains cercles de la gauche. Plusieurs présidents d’université marqués à gauche défendent bec et ongle la réforme de la Ministre. Certains vont même jusqu’à souffler que ces mêmes personnalités pourraient être pressentis pour être Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche sous un futur gouvernement de gauche en cas d’alternance. Il n’est pas rare de lire telle ou telle personnalité politique de gauche concéder à N. Sarkozy ou V. Pécresse que cette réforme est la seule chose positive réalisée par le gouvernement actuel…
Le chemin reste long pour faire comprendre à nos dirigeants que la politique actuelle est un échec. C’est une grave erreur, d’autant plus venant de la gauche, de mettre en avant la politique menée actuellement dans le secteur. C’est se méprendre sur la réalité de la communauté académique et scientifique. Excédée par l’autoritarisme d’État qui s’exerce sur eux, par le rythme effréné des appels d’offres pour bénéficier de financements, par l’empilement de structures complexifiant chaque jour le paysage universitaire et de recherche, elle ne peut que se résigner de telles positions.
Je ne peux que leur conseiller de lire les nombreuses analyses de la LRU, du Grand Emprunt, de la réalité budgétaire dans le secteur qui remettent en cause la politique de communication du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Ainsi Oliver Beaud, constitutionnaliste qu’on ne peut accuser d’être un affreux “gauchiste” explique par exemple dans son dernier ouvrage “Les Libertés universitaires à l’abandon ? Pour une reconnaissance pleine et entière de la liberté académique” en quoi la LRU organise le déclin des libertés universitaires, la perte de la collégialité au profit du renforcement des pouvoirs du Président d’université au détriment de contre-pouvoirs, la mise sous tutelle de la recherche publique, etc.
De même Terra Nova, qu’on ne peut non plus taxer d’extrémisme, explique dans deux notes début 2011, en dépit de l’annonce permanentes de l’arrivée de Milliards d’euros invisibles, en quoi le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche est au mieux en stagnation.
L’enseignement supérieur, la recherche et plus largement l’éducation ne devrait pas être abandonné par la gauche. J’espère qu’un sursaut est encore possible. Pour ma part, je ferais mon possible pour que les valeurs que je porte et qui fonde mon engagement et le travail que j’ai pu mené depuis quelques années, comme d’autres sur ce sujet, ne soit pas vains

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